Bouts de ficelle.

Me voilà aujourd’hui, le regard rivé sur le bout si sale de ma basket droite, réfléchissant à demain, à plus tard et même à tout jamais. Qu’est-ce que je fous là à me poser cent mille questions ? Pourquoi, ô pourquoi je ne fonce pas sans réfléchir ? Je suis toujours dans l’à peu près et dans le pourquoi-pas mais rarement dans le possible et le putain-mais-oui. Parce que le possible n’est qu’un univers plein d’illusions (du moins de mon point de vue). Il me frôle de temps en temps, ou est-ce moi qui ose à peine le toucher ? Un peu des deux je pense.

Faut dire qu’il y a pas mal de choses qui m’échappent, notamment moi-même. Je m’échappe à moi-même. Merde. Suis-je réellement celle qui détient le secret de mes propres aspirations ? Suis-je vraiment celle qui joue avec les ficelles de mes pensées ? Je préfèrerai croire qu’il y a au dessus de moi, un immense personnage sans visage qui s’amuse à me faire faire des choses et d’autres, à choisir chacun de mes pas et à me forcer à prendre des décisions qui ne sont (définitivement) pas les bonnes.
Mais non. Force est de constater que je suis mon propre pantin. Je tire sur mes bouts de ficelle en faisant attention avec la peur de les casser et de devenir une poupée vivante, loin de son ancien statut de pantin désarticulé.
Alors j’espère que j’exagère. J’espère que mon vrai jour n’est pas nuit et qu’au final, ça va hein. Que la vie de poupée vivante – entendez ici « être humain » ou « femme » – n’est pas si compliqué et que la poupée vaut bien plus que le pantin.

Et si je vivais une histoire (à peu près) similaire à celle de Pinocchio ? Cela expliquerai mon coeur en bois et ma souplesse inexistante. Et peut-être que je mens, le nez qui grandit en moins. Mais d’ordinaire c’est à moi-même que je mens : vantant des choses que je ne mérite pas, remplacer mes défauts par des qualités que je ne possède pas vraiment, offrir des sourires à mon reflet fatigué et triste…

Qui sait si un jour je deviendrai une vraie femme.

Lève-toi grognasse et vis !

L’envie subite de souiller Bob l’Éponge.

Il faut que je vous avoue un truc … Un jour j’ai eu 17 ans et des idées noires.  Je vous fais cette confession avec des larmes au coin des yeux et de la morve qui coule du nez. C’est pas facile d’avoir eut 17 ans. Vraiment pas facile de se dire qu’on a eut un jour le même âge que Justin Bieber ou Zac Effron.

Lécher la joue de Justin Bieber, le rêve de toute une génération.

Un jour j’ai donc eut 17 ans, et je couchais mes idées noires sur mon skyblog du papier. J’écrivais des inepties et autres futilités d’ado en crise. Et un jour j’ai écrit ce machin :

J‘ai une éponge invisible à la main et j’essuie les échecs qui jonchent le sol de ma Vie. Certains sont crasseux et difficiles à enlever. Alors je frotte, frotte, frotte, encore et encore jusqu’à ce que mes membres ne répondent plus et que mon cerveau ait fait sa morale. Mon cerveau tire toujours une morale de chaque échec qui entache ma Vie. L’éponge s’est admirablement et si rapidement salie ces temps-ci, que la passer sous l’eau ne sert à rien. Alors je la laisse flotter dans un seau remplie à ras bord. Un jour je viendrai la récupérer et je trouverai des résidus passés au fond du seau et l’éponge devenue nette m’aidera de nouveau à nettoyer mon sol si sordide. Oh bien sûr on trouve des éclats de brillance sur ce sol existentiel et bien heureusement ils ne sont pas rares. Bien heureusement.

J’avoue avoir utilisé Bob l’Éponge pour essuyer les crasses de ma vie sale et de lui avoir arraché un oeil.

Revenons au moi de 22 ans, voulez-vous ? Merci.
Pour moi, qui déteste faire le ménage, et qui déteste les contrariétés (comme tout humain digne de ce nom), la métaphore de la vie/objet sale est tout bonnement parfaite. Nos vies ne sont que de gros amas d’immondices dont on ne fait pas le tri. Ou du moins pas assez. Lorsqu’on le fait, on oublie de nettoyer, on fait semblant, on nettoie mal … laissant ainsi des traces du passé nous coller sous les doigts. Répugnant hein ?
Je ne sais pas vous, mais moi j’ai tendance à frotter (comme l’a si bien expliquer la nana de 17 ans). Bien souvent j’observe qu’avoir frotté n’a servit à rien. Il en reste encore un peu là, et ici aussi. Soupir. Alors je fais comme tout le monde : je cache cette tache infâme sous autre chose (faîtes pas vos malins, vous aussi vous le faîtes). Je cache tout ça sous un sourire, une explication foireuse, un mensonge ou une blague pas drôle. Ça fait diversion, ça marche plutôt bien. Faut juste pas tomber sur un maniaque, ta mère ou ton meilleur pote. Sinon, crois-moi, ton camouflage sera complètement inutile et détruit.

J’aurai voulu une superbe fin pour cet article plein de boue et d’éponges sales et mal traitées, mais il n’en sera rien. Et tu auras comprit que j’avais juste envie de caser des images de Bob l’Éponge un peu partout et de te montrer qu’on est con à 17 ans.

La fin de cet article. Le règne de l’éponge.

A PLUS DANS LE BUS.
Bisous.