Emo. Ado.

J’étais jeune. Seize ans. Tout au plus dix-huit. J’écrivais des chansons en anglais. Des trucs un peu mielleux et bourrés de métaphores. Avec des rails d’espoir aussi mince que des lignes de cocaïne. Des machins avec des you, des I, et des us en perdition. Un bordel monstrueux de personnes qui ne se croisaient qu’une fois et qui s’abandonnaient souvent. Des chansons tristes sur des notes pop.

J’aimais les chanter en sautillant dans les couloirs de l’appartement de mes parents quand ils n’étaient pas là. Le genre de pulsions bêtes poussées par des litres de jus d’orange engloutis (ou d’alcool, mais soyons francs, je ne bois jamais seule … et je vous mens à l’instant en riant). Coursant mon ombre dans les recoins de ma chambre, mes cordes vocales brulant de mauvaises notes, je me prenais pour une starlette en devenir.

Puis venait ce moment critique où j’allais parfois m’étaler sur le balcon, les yeux rivés sur la mer. Le corps alourdi par tant de folie j’imaginais toujours le pire. J’imaginais que le you, le I, le us que je chantais auparavant allaient finir engloutis sous une vague énorme. Le souffle coupé, les yeux embués. Les corps bousculés, des troncs d’arbre dans la gueule, des pans de mur dans les côtes, de la flotte se mélangeant subtilement au liquide qui entoure leur cerveau, les engloutissant dans un néant dont ils ne sortiront pas vivants. Pas de survie ici.

It’s a kind of drama story. You were sure to be mine. But there’s a God overhead who really doesn’t care. You’re making love with Death they said. « Bye » with a strange voice. « Bye ». Water there. Water here. Immersed in a strange strange world. Making love with the Death.

Faut croire que y a des exceptions concernant la noyade hein.
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Où est Charlie ?

, Hey.
Moi c’est Charlie. Mon prénom peut porter à confusion, mais je suis une nana. Une paire de seins qui tient dans tes mains et un vagin loin de tes reins. Voilà. J’ai tendance à être vulgaire et puissamment froide mais peu m’importe. Faut savoir que la Delphine est gentille, un peu coincée, et tellement naïve (le mot qu’on utilise tous pour ne pas dire « conne » m’voyez) qu’il fallait que je m’invite dans sa petite tête. Tu penses de suite à de la schizophrénie ?
Vois ça comme tu veux.

   Pourquoi suis-je coincée dans cette caboche infernale ? Bonne question. Cette fille a le mérite d’être certes très gentille, mais elle se balade avec un énorme cactus coincé au fond de son croupion. Crois-moi, ça fait mal d’être 1) coincée, 2) avec des épines dans l’anus. Sans moi, cette cruche passerait son temps à allumer des cierges dans les églises en pleurant sur son sort (sort pas si dégueux soit dit en passant) au lieu d’allumer des mecs dans le peu de soirées où elle pose les pieds.

Je la revois au collège, un petit peu sûre d’elle, les yeux dégoulinant de crayon noir trop gras et s’attachant ici et là de quelques phénomènes de son âge. Rien, vraiment rien, ne présageait ma venue quasi constante dans sa vie. Elle vivotait tranquillement et répondait à toutes les emmerdes de la vie par des « Et alors ? » insolents et des sourires métalliques cachés derrière une main couverte d’une mitaine dégueulasse. Elle garde d’ailleurs ce réflexe étrange : barrer son sourire derrière une main, comme si son appareil dentaire réapparaissait à chaque début de fou rire.  Elle est difficile à apprivoiser. Le genre à ne jamais dire merci aux compliments parce qu’elle n’y croit pas. Je m’en contre-carre. La plupart du temps j’y crois pour deux. Puis j’ai beau être grossière, faut pas déconner sur la politesse. Elle a appris à dire merci, comme tout le monde.

  Et là tu te demandes peut-être pas du tout pourquoi je suis restée. J’aurai pu me casser, l’abandonner, la laisser dans sa merde. Oui. Mais. Non. On s’attache à ce genre de personne. Ouais, on peut aussi très vite s’en lasser, tu as raison lecteur. Mais j’ai eu envie de la changer. De la bousculer. De l’emmerder. De la tirer de sa zone de confort.

Me voilà donc, Charlie, une fille, un regard froid, de la sensualité au bout de chaque doigt et une répartie alliant finesse et méchanceté.

  Je n’étais pas souvent présente. Juste quand untel venait lui cracher des mots sur son style ou sa présence. Ou alors vite fait lorsqu’elle n’avait pas lu le poème de Beaudelaire de la page 54 de son édition d’occasion et que le professeur l’avait pointé du doigt pour une analyse d’au moins 3 phrases. Elle perdait pas pied la Delphine lorsque je lui marmonnais des phrases bien tournées pour parler de la tristesse de Charles dans ce poème sans même qu’elle l’ait lu. Bon, faut dire qu’avec Charles et ses Fleurs du Mal , aucune difficulté apparente : monsieur était triste à peu près 90% du temps, ou bourré, ou drogué. Parfois même les trois ! Ah. Ce bon vieux Charles. Le premier a avoir mis des mots sur sa peine. Malheureusement, pas le dernier.

Delphine, ma douce Delphine.

  Elle souriait tristement à son miroir, mais elle savait que ça irait ! J’avais fini par la laisser souffler. J’ai lâché sa main, j’ai baissé la garde. Delphine n’allait ni mal ni bien.
On a décidé ensemble de lui construire une carapace. Un truc ni trop solide ni trop friable. Alors depuis, elle vit avec un plâtre autour du coeur. Elle le signe tous les jours avec des mots doux, des petits dessins, elle y laisse même la marque de ses lèvres maquillées. Des fois je la surprend en train de le gratter avec le bout de son crayon, tentant de l’émietter. La voie de la guérison je pense.

Prenez soin de vous bande de connards.
Charlie .

Ps : bien évidemment ces montages sont affreux, mais HEY, je t’emmerde !

Blogueuse LOL #1 : Faune.

J’en parcours des blogs beauté, mode ou cuisine ..! Les gens qui les tiennent sont tous généralement très beaux, talentueux, et font de jolies photos qui me rendent malade de jalousie.
Je n’ai aucun talent lorsqu’il s’agit de donner des conseils de beauté. Y a qu’à voir comment je me maquille (assez aléatoirement) et les produits que j’achète (encore plus aléatoirement) pour comprendre mon noobisme (laissez-moi inventer des mots) dans le monde de la beauté/esthétique.
Du côté fringues … HUM COMMENT DIRE ? J’ai un style très approximatif, souvent excentrique et créant des explosions oculaires des fashionistas de 16 ans et des mémés dans les rues de ma ville (j’exagère à peine).
Pour finir sur la bouffe : je me contente de pâtes et de steak presque 330 jours par an. Non pas parce que je suis étudiante avec un budget merdique. Non. Mais bel et bien par choix. J’aime manger mais je suis pas franchement à l’aise lorsqu’il s’agit de faire-créer de bons petits plats. L’une de mes plus grandes frustrations reste de ne pas pouvoir poster des photos de plats appétissants faits par mes soins sur Instagram … Tristitude.

Alors ouais, ma vie est une triste succession de fails quotidiens. Je ne me sens bien qu’avec ma folie, quoi de plus naturel pour moi que de la mettre en avant ici en me foutant trop trop de la gueule des blogueuses mode moquant gentiment des blogueuses modes (que j’admire secrètement) et de moi-même. Il est probable que vous ne riez aucunement, que vous en ayez rien à battre et que tout ça vous paraisse plus qu’inutile. Et bien sachez que je m’en contre-fous comme du journal de Claire Chazal.
Assez parler, je déclare ouvert le premier numéro de « Blogueuse LOL« . Le thème : « Faune« .
Pourquoi la faune ? Et bah c’est l’hiver, et on (JE) aurait TROP voulu être un oiseau, un ours, ou quelconque animal à poils, plumes, pelage doux pour pouvoir sortir dehors dignement ou juste rentrer dans une hibernation totale jusqu’à juillet prochain. Je ne comprend décidément pas les gens qui aiment l’hiver et sa connerie de neige.
J’ai rassemblé les trucs moches que j’ai dans mes placards pour que vous vous moquiez de moi votre plus grand plaisir. VOILA.

Blogueuse LOL qui s’tape the pose bien bizarre.

A la possible question « est-ce que tu sors habillée comme sur les photos ? » la réponse est « oui, j’en suis foutrement capable.« , sans les cacas traits de rouge sur la face. Faut pas déconner hein.
VOILA. Ce n’était pas drôle, foutrement mal pris en photo, les couleurs sont délavés pour le côté « vintage-hype-tu-vois », et j’ai envie d’être Princesse Mononoké.
Avant de vous quitter, un bref résumé digne d’une blogueuse mode accomplie (AHAHA).

  • Bonnet ourson et Col claudine en fausse-fourrure: Asos
  • Robe zèbres-zébrée : H&M
  • Bague zoziau : Camaïeu
  • Ceinture & boots : magasin de déstockage
  • Plumes boucles d’oreilles bleues : New Look