Bouts de ficelle.

Me voilà aujourd’hui, le regard rivé sur le bout si sale de ma basket droite, réfléchissant à demain, à plus tard et même à tout jamais. Qu’est-ce que je fous là à me poser cent mille questions ? Pourquoi, ô pourquoi je ne fonce pas sans réfléchir ? Je suis toujours dans l’à peu près et dans le pourquoi-pas mais rarement dans le possible et le putain-mais-oui. Parce que le possible n’est qu’un univers plein d’illusions (du moins de mon point de vue). Il me frôle de temps en temps, ou est-ce moi qui ose à peine le toucher ? Un peu des deux je pense.

Faut dire qu’il y a pas mal de choses qui m’échappent, notamment moi-même. Je m’échappe à moi-même. Merde. Suis-je réellement celle qui détient le secret de mes propres aspirations ? Suis-je vraiment celle qui joue avec les ficelles de mes pensées ? Je préfèrerai croire qu’il y a au dessus de moi, un immense personnage sans visage qui s’amuse à me faire faire des choses et d’autres, à choisir chacun de mes pas et à me forcer à prendre des décisions qui ne sont (définitivement) pas les bonnes.
Mais non. Force est de constater que je suis mon propre pantin. Je tire sur mes bouts de ficelle en faisant attention avec la peur de les casser et de devenir une poupée vivante, loin de son ancien statut de pantin désarticulé.
Alors j’espère que j’exagère. J’espère que mon vrai jour n’est pas nuit et qu’au final, ça va hein. Que la vie de poupée vivante – entendez ici « être humain » ou « femme » – n’est pas si compliqué et que la poupée vaut bien plus que le pantin.

Et si je vivais une histoire (à peu près) similaire à celle de Pinocchio ? Cela expliquerai mon coeur en bois et ma souplesse inexistante. Et peut-être que je mens, le nez qui grandit en moins. Mais d’ordinaire c’est à moi-même que je mens : vantant des choses que je ne mérite pas, remplacer mes défauts par des qualités que je ne possède pas vraiment, offrir des sourires à mon reflet fatigué et triste…

Qui sait si un jour je deviendrai une vraie femme.

Lève-toi grognasse et vis !

La fille qui pensait avoir les yeux loin du coeur.

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(plusieurs morceaux d’articles de Décembre 2007
corrigés par mon moi de Mars 2016 et mon moi de Juillet 2016, because why the fuck not)
« – T’as vu ses yeux ?

– Oui, ils sont clairs, c’est beau.
– Ils sont surtout braqués sur toi. »

(dialogue entre moi et je ne sais qui dans un rêve ancien).

Et les voilà ces douces minutes qui passent aussi rapidement qu’une horde d’escargots sur le dos d’une tortue. Elles me laissent là, à ta merci.
Je t’ai vu et je te veux. Je sais qu’il est mal de vouloir avant d’espérer mais tu distords les règles de la vie. Ou du moins, les règles de la mienne. Je ne devrais pas le dire. Encore moins l’écrire, pourtant je ne peux m’empêcher de me laisser envahir par des désirs insolites qui s’installent et tapissent mes veines lorsque nos regards se croisent. La moindre parcelle de mon corps frissonne face à tous ces signaux puissants qui feront de mes vaisseaux nerveux des machines sans contrôle. Je sais que tout cela paraît fort niais et insipide, mais je finis par croire que les gens ne sont finalement tous que des robots attendant de trouver celui ou celle qui saura manipuler la télécommande du coeur de l’autre.

       J’entends mon cœur qui bat un rythme cadencé. Ma télécommande a donc été dérobée. Tu sembles bien t’amuser avec les boutons. J’en ferai de même lorsque je trouverai la tienne. Sois en sûr.

Suis-je la seule à ressentir ces étranges pulsations ?  Tu sembles toi aussi touché… Serais-tu amoureux toi aussi, ou en proie à ces mêmes désirs qui ne te lâchent plus ? Pourquoi donc tes pupilles me paraissent-elles si dilatées ? Des étoiles aveuglantes parcourent ton regard : te voilà avec de belles ampoules à la place des yeux !
« Je t’avais pourtant prévenu. » me diras-tu l’air innocent. Tu m’avais bel et bien prévenu de ta venue dans les recoins de mes veines. Telle une drogue douce, tu dégoulines. Partout. Mon cerveau, ma peau, tout semble s’hérisser et se plier à ta volonté.
Un virus. Tu n’es qu’un virus.
Si il existe un remède ? Sûrement pleins, comme peut-être pas du tout. 
Répondre au Mal par le Mal serait une bien bonne idée, mais désirer pour désirer n’a aucun sens et ferait de vous des loques vivantes en recherche constante de sensations ici ou là, avec celui-là ou celle-ci (je ne juge bien entendu personne, faîtes comme bon vous semble très cher).
Mais il serait tout de même impertinent de votre part de croire que je sois une allumée, ou même une allumeuse. Je pense n’être ni l’une, ni l’autre . Il en va de votre avis sur ma personne, mais au fond : peu m’importe – comme si votre avis comptait vraiment. Aha.
J’essaie juste d’affronter les Délices & Merveilles qui nous envahissent sans qu’aucune émotion ne transparaisse. C’est difficile, certes. Puis je tenterais avec vigueur de calmer toutes les ardeurs qui émanent de-ci de-là. Et j’y mettrai « tout mon cœur », crois-moi.

tumblr_mi88epXg3W1r0casro1_500(je ne sais pas quoi ajouter ici, tant pis, bisou. le moi de 2016 trouve ça très difficile.)

Si mon moi de 2007 savait à quel point je peux aimer elle aurait puissamment rigolé puis sûrement pleuré. De joie ou de peine, franchement, peu importe. Les années passent et je m’impressionne à vouloir être heureuse et bien avec ma personne, et bien avec les autres. Me voilà bien bête à vouloir finir un texte sans queue ni tête. J’ai tenté de garder la fin du texte du moi de 2007 où je vous somme de me laisser rêver et d’espérer, mais je crois que ça n’a aucun intérêt puisque désormais je réussis (un peu) à rêvasser, et mieux : à (m’)aimer.

J’espère que ça sera pour longtemps. 

 

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illustration : www.nataliefoss.co.uk

You look like an angry teapot.

 Il serait d’bon ton de vous prévenir que je ne fais que déposer des phrases qui me hantent l’esprit depuis maintenant quelques mois. Alors ne cherchez ni lien, ni lyrisme construit. L’incohérence est ici reine. Je ne fais qu’extirper de ma tête ce qui me gêne. Cet avertissement maintenant lu, vous pouvez choisir de ne pas lire ce qui suivra. Bisou, bien à vous, Delphine.

Oui. J'aurais kiffé avoir la pensine de Dumbledore. Oui. Voilà.
Oui. J’aurais kiffé avoir la pensine de Dumbledore. Oui. Voilà. VOILÀ.


Avant que tu ne t’emballes, laisse-moi compter
Tout l’Amour que tu m’as coûté
Beaucoup trop à mon avis,
J’irai foutre une balle dans ton cervelet.
(Delphine, alias JenaLee – oui vous aviez oublié son existence, de rien pour les souvenirs)

 Il m’arrive d’être poète merdique à mes heures perdues. Il faut d’ailleurs que j’arrête de perdre ces heures précieuses, que je me focalise sur ma vie, que des pensées fugaces foulent le sol gluant de mon cerveau. Il faudrait, pour sûr, que je stoppe là mes inepties et que je m’en aille dormir, courir, boire un verre d’eau de rosé  (à vous de voir l’activité correspondant à l’heure qui l’est au moment où vous lisez ces lignes).

Mais non. Non. Divaguons. Enfin. Je divague. Vous, vous restez plantés là à soupirer quelques mots sur ma folie. Faites donc.

SOUFFLEZ, C’EST PRESQUE FINI.

 Ce qui est sympathique avec l’introspection, c’est toutes les conneries qu’on peut réussir à créer dans sa propre tête. S’auto-persuader de choses incroyablement fausses. Et c’est ainsi que je me plais beaucoup trop souvent à croire que plus mon scénario interne est catastrophique, moins ma réalité le sera. Chaque moment « crucial » de ma palpitante vie fait l’objet d’une mise en scène profonde, privée, mais surtout improbable et rocambolesque, avec généralement des torrents de larmes et des punchlines dignes de Belmondo, Dicaprio, et Sailor Moon réunis. Ma raison vacillera, se troublera et on observera mes sourcils se froncer face à ma propre introspection. Je me chamboule toute seule. M’enfin. Comme toujours me direz-vous.
Comme toujours. 

Whatever. Adios Bithchachos. Que le positif hante vos vies.
Ça se finit comme ça. Je vous avais prévenu, merde hein.

Touvabien. Grobizou.

Où est Charlie ?

, Hey.
Moi c’est Charlie. Mon prénom peut porter à confusion, mais je suis une nana. Une paire de seins qui tient dans tes mains et un vagin loin de tes reins. Voilà. J’ai tendance à être vulgaire et puissamment froide mais peu m’importe. Faut savoir que la Delphine est gentille, un peu coincée, et tellement naïve (le mot qu’on utilise tous pour ne pas dire « conne » m’voyez) qu’il fallait que je m’invite dans sa petite tête. Tu penses de suite à de la schizophrénie ?
Vois ça comme tu veux.

   Pourquoi suis-je coincée dans cette caboche infernale ? Bonne question. Cette fille a le mérite d’être certes très gentille, mais elle se balade avec un énorme cactus coincé au fond de son croupion. Crois-moi, ça fait mal d’être 1) coincée, 2) avec des épines dans l’anus. Sans moi, cette cruche passerait son temps à allumer des cierges dans les églises en pleurant sur son sort (sort pas si dégueux soit dit en passant) au lieu d’allumer des mecs dans le peu de soirées où elle pose les pieds.

Je la revois au collège, un petit peu sûre d’elle, les yeux dégoulinant de crayon noir trop gras et s’attachant ici et là de quelques phénomènes de son âge. Rien, vraiment rien, ne présageait ma venue quasi constante dans sa vie. Elle vivotait tranquillement et répondait à toutes les emmerdes de la vie par des « Et alors ? » insolents et des sourires métalliques cachés derrière une main couverte d’une mitaine dégueulasse. Elle garde d’ailleurs ce réflexe étrange : barrer son sourire derrière une main, comme si son appareil dentaire réapparaissait à chaque début de fou rire.  Elle est difficile à apprivoiser. Le genre à ne jamais dire merci aux compliments parce qu’elle n’y croit pas. Je m’en contre-carre. La plupart du temps j’y crois pour deux. Puis j’ai beau être grossière, faut pas déconner sur la politesse. Elle a appris à dire merci, comme tout le monde.

  Et là tu te demandes peut-être pas du tout pourquoi je suis restée. J’aurai pu me casser, l’abandonner, la laisser dans sa merde. Oui. Mais. Non. On s’attache à ce genre de personne. Ouais, on peut aussi très vite s’en lasser, tu as raison lecteur. Mais j’ai eu envie de la changer. De la bousculer. De l’emmerder. De la tirer de sa zone de confort.

Me voilà donc, Charlie, une fille, un regard froid, de la sensualité au bout de chaque doigt et une répartie alliant finesse et méchanceté.

  Je n’étais pas souvent présente. Juste quand untel venait lui cracher des mots sur son style ou sa présence. Ou alors vite fait lorsqu’elle n’avait pas lu le poème de Beaudelaire de la page 54 de son édition d’occasion et que le professeur l’avait pointé du doigt pour une analyse d’au moins 3 phrases. Elle perdait pas pied la Delphine lorsque je lui marmonnais des phrases bien tournées pour parler de la tristesse de Charles dans ce poème sans même qu’elle l’ait lu. Bon, faut dire qu’avec Charles et ses Fleurs du Mal , aucune difficulté apparente : monsieur était triste à peu près 90% du temps, ou bourré, ou drogué. Parfois même les trois ! Ah. Ce bon vieux Charles. Le premier a avoir mis des mots sur sa peine. Malheureusement, pas le dernier.

Delphine, ma douce Delphine.

  Elle souriait tristement à son miroir, mais elle savait que ça irait ! J’avais fini par la laisser souffler. J’ai lâché sa main, j’ai baissé la garde. Delphine n’allait ni mal ni bien.
On a décidé ensemble de lui construire une carapace. Un truc ni trop solide ni trop friable. Alors depuis, elle vit avec un plâtre autour du coeur. Elle le signe tous les jours avec des mots doux, des petits dessins, elle y laisse même la marque de ses lèvres maquillées. Des fois je la surprend en train de le gratter avec le bout de son crayon, tentant de l’émietter. La voie de la guérison je pense.

Prenez soin de vous bande de connards.
Charlie .

Ps : bien évidemment ces montages sont affreux, mais HEY, je t’emmerde !

Désillusions tardives.

Vous vous souvenez de cette fois où Max Gallo a dit : « Il n’est jamais trop tôt, il est toujours trop tard. » ? Parce que moi je ne m’en souviens pas et je comptais sur vous pour me rafraîchir la mémoire … C’est raté. Enfin bon, tout ça pour vous parler de ce fameux « trop tard« .

En voilà une bien laide image !
  • A partir de quand est-il trop tard ?

Ça,  Max Gallo ne nous l’a pas dit, le filou. C’est vrai quoi, merde ! C’est quand « trop tard » ? C’est quoi ? Pourquoi ? QUI a décidé qu’un jour il serait « trop tard » ? Ce gros con sait-il qu’aujourd’hui il nous met dans l’embarras ? Non, bien sûr qu’il ne le sait pas. Il doit être mort ou une connerie comme ça … Pour lui aussi c’était « trop tard ». Il s’y attendait pas. Comme beaucoup d’entre nous. On ne s’y attend jamais vraiment, ou pire : on refuse d’y croire.

On est d’accord pour se dire que les horloges, les calendriers, Google, ou Pacco Rabanne ne peuvent nous indiquer quand est-ce qu’il est « trop tard ».  Aucun indice. On doit se démerder tous les jours.  Avoir l’intuition. Entraîner son cerveau à trouver le juste milieu.
Alors moi (parce qu’il s’agit de moi, ALLO UI CER EGOTRIP) je dois avoir un sérieux problème avec ça. Mon cerveau est dans un état lamentable : à chaque tentative il est soit beaucoup trop tôt soit vraiment trop tard. Ce qui doit expliquer pas mal d’échecs dans ma courte vie. Parce que le trop tard en trop grand nombre peut changer une vie.

« C’est quand tu veux, j’ai pas qu’ça à foutre.  » dit le Lapin Blanc. Il rajouta d’une voix mièvre : « J’ai un rendez-vous chez Playboy, ils sont intéressés pas mon profil ».
  • A quelle heure est-il trop tard ? 

Je fais parti des gens qui n’y comprennent rien à l’heure. Ceux-là même qui ne savent pas la lire sur des horloges ou des montres avec des aiguilles (ne te moque pas, nous sommes plus nombreux que tu ne le crois). Peut-être que ça explique le nombre fâcheux de « trop tard » dans ma vie ? Ou alors ça explique juste ma connerie intense, mais ça c’est une autre histoire l’ami.
Mais tu vois, pourtant je prend des risques. Pourtant bien des fois j’arrive trop tôt. Pourtant souvent je suis ponctuelle. Est-ce que pour ne pas être dans le « trop tard » il a fallu un jour de printemps suivre un lapin blanc, savoir lire l’heure analogique ou croire au 21 décembre 2012 …? Je me le demande (bien trop) sérieusement.
Le plus terrible avec tout ça c’est ce moment fatidique où je me rends compte que je traverse la porte du trop tard. Parce que oui, le trop tard à sa porte, sa pièce. Je dois être très bête ou très myope : je confond toujours cette porte avec les autres moins chiantes de nos petites vies.
Alors moi, petite idiote je l’ai ouverte sans vraiment l’avoir voulu cette porte. Comme d’habitude elle se referme lentement sur moi, me prouvant que j’ai encore le temps de m’échapper, de me dérober face à mon erreur, de m’enfuir. Mais que neni ! Je reste plantée là, avec l’espoir que je ne me sois pas encore trompée.
Ah. Encore raté Delphine.

ERREUR FATALE QUE D’OUVRIR CETTE PORTE.

Me voilà de nouveau de l’autre côté de cette foutue porte. Encore dans cette petite pièce un peu sombre et poussiéreuse où je tousse et plisse les yeux. Je fais face au fameux mur des obstacles que je voulais tant éviter. « Trop tard », m’entend-je murmurer.
Trop tard.
Alors je pleure. J’essaie d’ouvrir la porte, mais on ne peut pas retourner en arrière. Fallait pas s’tromper. Tout simplement. J’ai le nez qui chante une mélodie non-harmonieuse, une cascade à chaque œil (voir dessin au dessus), une poignée qui refuse de s’ouvrir et un mur derrière le dos.

  • Il y a-t-il une putain de solution ? 

Comme vous l’aurez comprit : aller au delà du mur. Chacun sa solution. Il y a ceux qui décideront de l’escalader, d’autres creuseront à sa base et tenteront l’exploration souterraine, et restent les plus violents qui veulent tout simplement le détruire. Je suis loin d’être quelqu’un d’énergique et je suis à mille lieues d’être sportive, et mon taux de violence tient dans une Pokéball : pas d’escalade, ni d’exploration souterraine et encore moins de violence pour moi.
Je me contente de contempler ce tas de briques en attendant que me vienne l’envie d’en faire quelque chose. Je hurle à qui veut bien m’entendre : « Que me vienne l’envie de passer ce mur abjecte ! » Pour tout vous avouez, l’envie n’est jamais venue … Pas aujourd’hui, ni demain. Et si je ne faisais rien ? Ni escalade, ni exploration souterraine, ni destruction massive. Hey, je vais le transformer, l’apprivoiser. Si le Petit Prince a fini par apprivoiser un jour un renard qui parle, pourquoi je ne pourrai pas le faire avec un mur muet ?
Si je ne peux (ni ne veux) aller au-dessus de tout ça, autant fermer sa gueule et s’en accommoder.

                                                                                                                                                                                                                                  Merci, bisous, voilà.