Bouts de ficelle.

Me voilà aujourd’hui, le regard rivé sur le bout si sale de ma basket droite, réfléchissant à demain, à plus tard et même à tout jamais. Qu’est-ce que je fous là à me poser cent mille questions ? Pourquoi, ô pourquoi je ne fonce pas sans réfléchir ? Je suis toujours dans l’à peu près et dans le pourquoi-pas mais rarement dans le possible et le putain-mais-oui. Parce que le possible n’est qu’un univers plein d’illusions (du moins de mon point de vue). Il me frôle de temps en temps, ou est-ce moi qui ose à peine le toucher ? Un peu des deux je pense.

Faut dire qu’il y a pas mal de choses qui m’échappent, notamment moi-même. Je m’échappe à moi-même. Merde. Suis-je réellement celle qui détient le secret de mes propres aspirations ? Suis-je vraiment celle qui joue avec les ficelles de mes pensées ? Je préfèrerai croire qu’il y a au dessus de moi, un immense personnage sans visage qui s’amuse à me faire faire des choses et d’autres, à choisir chacun de mes pas et à me forcer à prendre des décisions qui ne sont (définitivement) pas les bonnes.
Mais non. Force est de constater que je suis mon propre pantin. Je tire sur mes bouts de ficelle en faisant attention avec la peur de les casser et de devenir une poupée vivante, loin de son ancien statut de pantin désarticulé.
Alors j’espère que j’exagère. J’espère que mon vrai jour n’est pas nuit et qu’au final, ça va hein. Que la vie de poupée vivante – entendez ici « être humain » ou « femme » – n’est pas si compliqué et que la poupée vaut bien plus que le pantin.

Et si je vivais une histoire (à peu près) similaire à celle de Pinocchio ? Cela expliquerai mon coeur en bois et ma souplesse inexistante. Et peut-être que je mens, le nez qui grandit en moins. Mais d’ordinaire c’est à moi-même que je mens : vantant des choses que je ne mérite pas, remplacer mes défauts par des qualités que je ne possède pas vraiment, offrir des sourires à mon reflet fatigué et triste…

Qui sait si un jour je deviendrai une vraie femme.

Lève-toi grognasse et vis !
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You look like an angry teapot.

 Il serait d’bon ton de vous prévenir que je ne fais que déposer des phrases qui me hantent l’esprit depuis maintenant quelques mois. Alors ne cherchez ni lien, ni lyrisme construit. L’incohérence est ici reine. Je ne fais qu’extirper de ma tête ce qui me gêne. Cet avertissement maintenant lu, vous pouvez choisir de ne pas lire ce qui suivra. Bisou, bien à vous, Delphine.

Oui. J'aurais kiffé avoir la pensine de Dumbledore. Oui. Voilà.
Oui. J’aurais kiffé avoir la pensine de Dumbledore. Oui. Voilà. VOILÀ.


Avant que tu ne t’emballes, laisse-moi compter
Tout l’Amour que tu m’as coûté
Beaucoup trop à mon avis,
J’irai foutre une balle dans ton cervelet.
(Delphine, alias JenaLee – oui vous aviez oublié son existence, de rien pour les souvenirs)

 Il m’arrive d’être poète merdique à mes heures perdues. Il faut d’ailleurs que j’arrête de perdre ces heures précieuses, que je me focalise sur ma vie, que des pensées fugaces foulent le sol gluant de mon cerveau. Il faudrait, pour sûr, que je stoppe là mes inepties et que je m’en aille dormir, courir, boire un verre d’eau de rosé  (à vous de voir l’activité correspondant à l’heure qui l’est au moment où vous lisez ces lignes).

Mais non. Non. Divaguons. Enfin. Je divague. Vous, vous restez plantés là à soupirer quelques mots sur ma folie. Faites donc.

SOUFFLEZ, C’EST PRESQUE FINI.

 Ce qui est sympathique avec l’introspection, c’est toutes les conneries qu’on peut réussir à créer dans sa propre tête. S’auto-persuader de choses incroyablement fausses. Et c’est ainsi que je me plais beaucoup trop souvent à croire que plus mon scénario interne est catastrophique, moins ma réalité le sera. Chaque moment « crucial » de ma palpitante vie fait l’objet d’une mise en scène profonde, privée, mais surtout improbable et rocambolesque, avec généralement des torrents de larmes et des punchlines dignes de Belmondo, Dicaprio, et Sailor Moon réunis. Ma raison vacillera, se troublera et on observera mes sourcils se froncer face à ma propre introspection. Je me chamboule toute seule. M’enfin. Comme toujours me direz-vous.
Comme toujours. 

Whatever. Adios Bithchachos. Que le positif hante vos vies.
Ça se finit comme ça. Je vous avais prévenu, merde hein.

Touvabien. Grobizou.

Emo. Ado.

J’étais jeune. Seize ans. Tout au plus dix-huit. J’écrivais des chansons en anglais. Des trucs un peu mielleux et bourrés de métaphores. Avec des rails d’espoir aussi mince que des lignes de cocaïne. Des machins avec des you, des I, et des us en perdition. Un bordel monstrueux de personnes qui ne se croisaient qu’une fois et qui s’abandonnaient souvent. Des chansons tristes sur des notes pop.

J’aimais les chanter en sautillant dans les couloirs de l’appartement de mes parents quand ils n’étaient pas là. Le genre de pulsions bêtes poussées par des litres de jus d’orange engloutis (ou d’alcool, mais soyons francs, je ne bois jamais seule … et je vous mens à l’instant en riant). Coursant mon ombre dans les recoins de ma chambre, mes cordes vocales brulant de mauvaises notes, je me prenais pour une starlette en devenir.

Puis venait ce moment critique où j’allais parfois m’étaler sur le balcon, les yeux rivés sur la mer. Le corps alourdi par tant de folie j’imaginais toujours le pire. J’imaginais que le you, le I, le us que je chantais auparavant allaient finir engloutis sous une vague énorme. Le souffle coupé, les yeux embués. Les corps bousculés, des troncs d’arbre dans la gueule, des pans de mur dans les côtes, de la flotte se mélangeant subtilement au liquide qui entoure leur cerveau, les engloutissant dans un néant dont ils ne sortiront pas vivants. Pas de survie ici.

It’s a kind of drama story. You were sure to be mine. But there’s a God overhead who really doesn’t care. You’re making love with Death they said. « Bye » with a strange voice. « Bye ». Water there. Water here. Immersed in a strange strange world. Making love with the Death.

Faut croire que y a des exceptions concernant la noyade hein.