Bouts de ficelle.

Me voilà aujourd’hui, le regard rivé sur le bout si sale de ma basket droite, réfléchissant à demain, à plus tard et même à tout jamais. Qu’est-ce que je fous là à me poser cent mille questions ? Pourquoi, ô pourquoi je ne fonce pas sans réfléchir ? Je suis toujours dans l’à peu près et dans le pourquoi-pas mais rarement dans le possible et le putain-mais-oui. Parce que le possible n’est qu’un univers plein d’illusions (du moins de mon point de vue). Il me frôle de temps en temps, ou est-ce moi qui ose à peine le toucher ? Un peu des deux je pense.

Faut dire qu’il y a pas mal de choses qui m’échappent, notamment moi-même. Je m’échappe à moi-même. Merde. Suis-je réellement celle qui détient le secret de mes propres aspirations ? Suis-je vraiment celle qui joue avec les ficelles de mes pensées ? Je préfèrerai croire qu’il y a au dessus de moi, un immense personnage sans visage qui s’amuse à me faire faire des choses et d’autres, à choisir chacun de mes pas et à me forcer à prendre des décisions qui ne sont (définitivement) pas les bonnes.
Mais non. Force est de constater que je suis mon propre pantin. Je tire sur mes bouts de ficelle en faisant attention avec la peur de les casser et de devenir une poupée vivante, loin de son ancien statut de pantin désarticulé.
Alors j’espère que j’exagère. J’espère que mon vrai jour n’est pas nuit et qu’au final, ça va hein. Que la vie de poupée vivante – entendez ici « être humain » ou « femme » – n’est pas si compliqué et que la poupée vaut bien plus que le pantin.

Et si je vivais une histoire (à peu près) similaire à celle de Pinocchio ? Cela expliquerai mon coeur en bois et ma souplesse inexistante. Et peut-être que je mens, le nez qui grandit en moins. Mais d’ordinaire c’est à moi-même que je mens : vantant des choses que je ne mérite pas, remplacer mes défauts par des qualités que je ne possède pas vraiment, offrir des sourires à mon reflet fatigué et triste…

Qui sait si un jour je deviendrai une vraie femme.

Lève-toi grognasse et vis !
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Désillusions tardives.

Vous vous souvenez de cette fois où Max Gallo a dit : « Il n’est jamais trop tôt, il est toujours trop tard. » ? Parce que moi je ne m’en souviens pas et je comptais sur vous pour me rafraîchir la mémoire … C’est raté. Enfin bon, tout ça pour vous parler de ce fameux « trop tard« .

En voilà une bien laide image !
  • A partir de quand est-il trop tard ?

Ça,  Max Gallo ne nous l’a pas dit, le filou. C’est vrai quoi, merde ! C’est quand « trop tard » ? C’est quoi ? Pourquoi ? QUI a décidé qu’un jour il serait « trop tard » ? Ce gros con sait-il qu’aujourd’hui il nous met dans l’embarras ? Non, bien sûr qu’il ne le sait pas. Il doit être mort ou une connerie comme ça … Pour lui aussi c’était « trop tard ». Il s’y attendait pas. Comme beaucoup d’entre nous. On ne s’y attend jamais vraiment, ou pire : on refuse d’y croire.

On est d’accord pour se dire que les horloges, les calendriers, Google, ou Pacco Rabanne ne peuvent nous indiquer quand est-ce qu’il est « trop tard ».  Aucun indice. On doit se démerder tous les jours.  Avoir l’intuition. Entraîner son cerveau à trouver le juste milieu.
Alors moi (parce qu’il s’agit de moi, ALLO UI CER EGOTRIP) je dois avoir un sérieux problème avec ça. Mon cerveau est dans un état lamentable : à chaque tentative il est soit beaucoup trop tôt soit vraiment trop tard. Ce qui doit expliquer pas mal d’échecs dans ma courte vie. Parce que le trop tard en trop grand nombre peut changer une vie.

« C’est quand tu veux, j’ai pas qu’ça à foutre.  » dit le Lapin Blanc. Il rajouta d’une voix mièvre : « J’ai un rendez-vous chez Playboy, ils sont intéressés pas mon profil ».
  • A quelle heure est-il trop tard ? 

Je fais parti des gens qui n’y comprennent rien à l’heure. Ceux-là même qui ne savent pas la lire sur des horloges ou des montres avec des aiguilles (ne te moque pas, nous sommes plus nombreux que tu ne le crois). Peut-être que ça explique le nombre fâcheux de « trop tard » dans ma vie ? Ou alors ça explique juste ma connerie intense, mais ça c’est une autre histoire l’ami.
Mais tu vois, pourtant je prend des risques. Pourtant bien des fois j’arrive trop tôt. Pourtant souvent je suis ponctuelle. Est-ce que pour ne pas être dans le « trop tard » il a fallu un jour de printemps suivre un lapin blanc, savoir lire l’heure analogique ou croire au 21 décembre 2012 …? Je me le demande (bien trop) sérieusement.
Le plus terrible avec tout ça c’est ce moment fatidique où je me rends compte que je traverse la porte du trop tard. Parce que oui, le trop tard à sa porte, sa pièce. Je dois être très bête ou très myope : je confond toujours cette porte avec les autres moins chiantes de nos petites vies.
Alors moi, petite idiote je l’ai ouverte sans vraiment l’avoir voulu cette porte. Comme d’habitude elle se referme lentement sur moi, me prouvant que j’ai encore le temps de m’échapper, de me dérober face à mon erreur, de m’enfuir. Mais que neni ! Je reste plantée là, avec l’espoir que je ne me sois pas encore trompée.
Ah. Encore raté Delphine.

ERREUR FATALE QUE D’OUVRIR CETTE PORTE.

Me voilà de nouveau de l’autre côté de cette foutue porte. Encore dans cette petite pièce un peu sombre et poussiéreuse où je tousse et plisse les yeux. Je fais face au fameux mur des obstacles que je voulais tant éviter. « Trop tard », m’entend-je murmurer.
Trop tard.
Alors je pleure. J’essaie d’ouvrir la porte, mais on ne peut pas retourner en arrière. Fallait pas s’tromper. Tout simplement. J’ai le nez qui chante une mélodie non-harmonieuse, une cascade à chaque œil (voir dessin au dessus), une poignée qui refuse de s’ouvrir et un mur derrière le dos.

  • Il y a-t-il une putain de solution ? 

Comme vous l’aurez comprit : aller au delà du mur. Chacun sa solution. Il y a ceux qui décideront de l’escalader, d’autres creuseront à sa base et tenteront l’exploration souterraine, et restent les plus violents qui veulent tout simplement le détruire. Je suis loin d’être quelqu’un d’énergique et je suis à mille lieues d’être sportive, et mon taux de violence tient dans une Pokéball : pas d’escalade, ni d’exploration souterraine et encore moins de violence pour moi.
Je me contente de contempler ce tas de briques en attendant que me vienne l’envie d’en faire quelque chose. Je hurle à qui veut bien m’entendre : « Que me vienne l’envie de passer ce mur abjecte ! » Pour tout vous avouez, l’envie n’est jamais venue … Pas aujourd’hui, ni demain. Et si je ne faisais rien ? Ni escalade, ni exploration souterraine, ni destruction massive. Hey, je vais le transformer, l’apprivoiser. Si le Petit Prince a fini par apprivoiser un jour un renard qui parle, pourquoi je ne pourrai pas le faire avec un mur muet ?
Si je ne peux (ni ne veux) aller au-dessus de tout ça, autant fermer sa gueule et s’en accommoder.

                                                                                                                                                                                                                                  Merci, bisous, voilà.