Prétention triangulaire et tribulations géométriques.

   Depuis un petit moment déjà j’ai remarqué la recrudescence des formes géométriques dans le monde de la mode et du visuel musical : et vas-y que j’te fous des carrés, ronds, triangles, hexagones, pentagones, demi-cercles et autres partout partout partout … A croire que les gens (re)découvrent enfin l’apaisement procuré face à une figure géométriquement stable. Tout y passe. Tes bijoux en toc. Tes fringues. Ton papier toilettes. Les pochettes de tes groupes préférés. Tes culottes. Tes chaussettes. Tes tatouages.

Oui. J’t’avais dit que tes tatouages aussi.

  Tout, je te dis. Tout ! Même mon Amour de chanteur, Dan Black, s’y est mis. Faut dire qu’il a pas attendu 2013 pour s’y mettre hein :

Je me suis donc inspirée de Kelis (la demoiselle aux boucles sauvages) et j’ai décidé que tiens, viens, on va mettre des triangles sur mon visage aussi hein ! Y a pas de raison que seule Kelis ait droit à un troupeau de triangles qui lui tournent autour ou qui se baladent ici et là sur ses jolies joues. By the way. Mon ordinateur est une épave et refuse de faire fonctionner Photoshop. J’aurai tant voulu nouer des liens d’Amitié avec Photoshop … Un jour viendra petite, un jour viendra ! Ces trucs ci-dessous ont donc été réalisé sous PhotoFiltre 7 (et ouais …).
Tu me juges, je te vois. Pardon d’être minable.

 Tribulation triangulaire
Tribulation Triangulaire et sourire narquois 2.0
Misère géométrique.

 

Ps : Dan Black, j’aimerai te voler tout ton talent et ton imagination. Bisou.

Où est Charlie ?

, Hey.
Moi c’est Charlie. Mon prénom peut porter à confusion, mais je suis une nana. Une paire de seins qui tient dans tes mains et un vagin loin de tes reins. Voilà. J’ai tendance à être vulgaire et puissamment froide mais peu m’importe. Faut savoir que la Delphine est gentille, un peu coincée, et tellement naïve (le mot qu’on utilise tous pour ne pas dire « conne » m’voyez) qu’il fallait que je m’invite dans sa petite tête. Tu penses de suite à de la schizophrénie ?
Vois ça comme tu veux.

   Pourquoi suis-je coincée dans cette caboche infernale ? Bonne question. Cette fille a le mérite d’être certes très gentille, mais elle se balade avec un énorme cactus coincé au fond de son croupion. Crois-moi, ça fait mal d’être 1) coincée, 2) avec des épines dans l’anus. Sans moi, cette cruche passerait son temps à allumer des cierges dans les églises en pleurant sur son sort (sort pas si dégueux soit dit en passant) au lieu d’allumer des mecs dans le peu de soirées où elle pose les pieds.

Je la revois au collège, un petit peu sûre d’elle, les yeux dégoulinant de crayon noir trop gras et s’attachant ici et là de quelques phénomènes de son âge. Rien, vraiment rien, ne présageait ma venue quasi constante dans sa vie. Elle vivotait tranquillement et répondait à toutes les emmerdes de la vie par des « Et alors ? » insolents et des sourires métalliques cachés derrière une main couverte d’une mitaine dégueulasse. Elle garde d’ailleurs ce réflexe étrange : barrer son sourire derrière une main, comme si son appareil dentaire réapparaissait à chaque début de fou rire.  Elle est difficile à apprivoiser. Le genre à ne jamais dire merci aux compliments parce qu’elle n’y croit pas. Je m’en contre-carre. La plupart du temps j’y crois pour deux. Puis j’ai beau être grossière, faut pas déconner sur la politesse. Elle a appris à dire merci, comme tout le monde.

  Et là tu te demandes peut-être pas du tout pourquoi je suis restée. J’aurai pu me casser, l’abandonner, la laisser dans sa merde. Oui. Mais. Non. On s’attache à ce genre de personne. Ouais, on peut aussi très vite s’en lasser, tu as raison lecteur. Mais j’ai eu envie de la changer. De la bousculer. De l’emmerder. De la tirer de sa zone de confort.

Me voilà donc, Charlie, une fille, un regard froid, de la sensualité au bout de chaque doigt et une répartie alliant finesse et méchanceté.

  Je n’étais pas souvent présente. Juste quand untel venait lui cracher des mots sur son style ou sa présence. Ou alors vite fait lorsqu’elle n’avait pas lu le poème de Beaudelaire de la page 54 de son édition d’occasion et que le professeur l’avait pointé du doigt pour une analyse d’au moins 3 phrases. Elle perdait pas pied la Delphine lorsque je lui marmonnais des phrases bien tournées pour parler de la tristesse de Charles dans ce poème sans même qu’elle l’ait lu. Bon, faut dire qu’avec Charles et ses Fleurs du Mal , aucune difficulté apparente : monsieur était triste à peu près 90% du temps, ou bourré, ou drogué. Parfois même les trois ! Ah. Ce bon vieux Charles. Le premier a avoir mis des mots sur sa peine. Malheureusement, pas le dernier.

Delphine, ma douce Delphine.

  Elle souriait tristement à son miroir, mais elle savait que ça irait ! J’avais fini par la laisser souffler. J’ai lâché sa main, j’ai baissé la garde. Delphine n’allait ni mal ni bien.
On a décidé ensemble de lui construire une carapace. Un truc ni trop solide ni trop friable. Alors depuis, elle vit avec un plâtre autour du coeur. Elle le signe tous les jours avec des mots doux, des petits dessins, elle y laisse même la marque de ses lèvres maquillées. Des fois je la surprend en train de le gratter avec le bout de son crayon, tentant de l’émietter. La voie de la guérison je pense.

Prenez soin de vous bande de connards.
Charlie .

Ps : bien évidemment ces montages sont affreux, mais HEY, je t’emmerde !

Catin sentimentale.

Viens sur mon trottoir, je suis une pute de l’attention !

Approche, je ne te ferai pas de mal, puisque c’est moi qui ai mal. Je suis grosse et moche. Enfin, ça c’est ce que je te dis. Je veux t’entendre me dire que je suis jolie. Dis-le que je suis jolie. Même triste je suis jolie, hein ? Hein ?

Sache que ce n’est pas si cher que ça de m’avoir dans tes bras. Une petite vingtaine de minutes pour que tu puisses voir mes lèvres bouger et sentir mes soupirs dans ton cou. Je vais plus que mal tu sais ? Alors oui, souvent je m’invente des problèmes pour que tu poses tes yeux sur moi. Mais j’aime tellement ça ! Mais tes yeux ne suffisent pas chéri. Je veux tes oreilles aussi. Ecoute-moi je t’en supplie. Prend mes soucis comme des caresses et tu seras comblé . Je peux poser ma tête sur ton épaule, dis ? Ne fais pas cette grimace, ça ne te prendra qu’une ou deux minutes de plus. C’est pas beaucoup hein ? Puis, toi, dans ta vie tout va si bien … Je t’envie. Beaucoup.Tu peux donc perdre quelques secondes de ton temps pour essuyer mes larmes ! T’es génial, merci. T’es génial, ton quotidien aussi est génial. Pas comme le mien. Pas comme moi. Moi je suis nulle. Tu peux me contredire tu sais ? Voilà, oui, tu as raison, moi aussi je suis géniale. Mais ne me le dis pas trop, je risque de cesser de te croire. J’ne suis pas si géniale que ça. Pas autant que toi ou Pierre-Paul-Jacques.
Quoi ? Tu culpabilises ? Ah. Je m’excuse. Pour la peine je t’écouterai parler de tes problèmes pendant un petit bout de temps. Mais attention, si je trouve ça moins grave que mon désespoir actuel je reprendrai la parole et tu n’auras pas ton mot à dire. Tu m’entends ? Dis, tu m’écoutes ? Non, mais attend là, où est-ce que tu vas ?! Comment ça une heure ça devient long et cher ? HEY MAIS REVIENS ! Reviens ! J’ai des biscuits si tu veux ! Putain mais attend !! Regarde, je suis tombée et je me suis blessée le genou en te courant après ! Ça saigne, je vais mourir. Tu vas pas m’abandonner quand même ! Je souffre. Regarde-moi. S’il-te plait. OH ! HEY ! REVIENS ! 

Si c’est comme ça, je retourne sur mon trottoir. Je trouverai forcément quelqu’un de plus gentil que toi. Quelqu’un qui essuiera mes larmes et boira mes paroles. Je ne te pensais pas aussi lâche. Jamais personne pour me remonter le moral. Salop. Connard. Je te hais. Je me hais.

Snow Motion.

Alors la voilà cette fameuse période. LA période où les journaux télévisés et tous les gens des internets redécouvrent l’existence de l’hiver et de son éternelle complice : la putain de sa race de neige.

Sans blague ?!

Rares sont les gens qui haïssent la neige. Ou alors ils la haïssent pour un court instant (quand les pneus et les chaussures glissent sur le sol, quand ton bus ne passera pas et autres petits désagréments quotidiens …). Parce que bon, la neige pour beaucoup d’entre vous se ramène gentiment sur les toits pour accueillir le Père-Noël et la nouvelle année (enfin cette année, si on crève pas le 21 décembre hein). Bien entendu elle rajoute à ça les trucs chouettes qu’on trouve dans toutes les bonnes comédies romantiques : de belles promesses, des cadeaux, la famille, des repas copieux, de l’alcool à flot, des bisous tendres sous quelques flocons timides, des skis sous les pieds, les joues rougies par une bataille de boules de neige … etc etc etc etc.
Alors sachez que je hais la neige. Là je l’écris en minuscules mais j’aurai préféré vous le hurler en lettres capitales (je pense le faire d’ici la fin de cet article mal écrit voir un peu avant style là bientôt tout de suite tu vois).

« NOOAAAN PAS LA NEIGE PUTAIN ! »

Alors pourquoi tant de haine envers ce phénomène magique qu’est la neige ? Pourquoi je ne trouve aucune once d’espoir ni de magie ni de bonheur en voyant les flocons tomber ? Serais-je une connasse avec un coeur en pierre ? Est-ce une maladie ? Tant de questions de merde qui se bouscule dans vos têtes (et surtout dans la mienne). Tant de questions qui méritent certainement pas des réponses.
ALORS C’EST PARTI MON KIKI.

 L’hiver. Quelle merde : il fait froid, il fait nuit très tôt, et manger de la glace n’est possible qu’en face de ton radiateur que tu auras baptisé « Juanito » ou « Nikos » pour te rappeler que le soleil et la chaleur existent dans ce triste monde. Pourquoi diable cette saison existe, et surtout pourquoi de la neige ?! Si encore on pouvait avoir le même rythme de vie passionnant qu’un écureuil et donc se permettre, sans culpabilité aucune, d’aller pioncer dès fin novembre et ne se réveiller qu’à la mi-mars. Même pas ! On subit. On râle. On chiale. On voit les psys et les médecins. On a le nez qui coule (ou pire, qui se bouche). En deux mots : un enfer. Même dans Mario Bros la neige et le froid sont emmerdant. C’EST DIRE LE DÉLIRE
Je sais très bien que beaucoup crachent sur l’hiver, mais parmi ceux-là, certains aiment la neige. Non, pardon : ils l’adooorent. Ils l’attendent comme la Sainte-Vierge. Comme si cette connasse (la neige, pas la Sainte-Vierge) adoucirait l’effet dégueulasse qu’a l’hiver sur nous.

La dépression hivernale accentuée par la tombée de flocons de mes deux. 

Alors quoi ? Deux-trois grains de cocaïne glacée vous tombent sur la gueule et vous êtes contents ? POURQUOI ? J’ai écrit cocaïne et je me demande si le souci n’est pas là. Est-ce que les scientifiques nous cacheraient depuis des siècles que la neige ne serait en fait que de la coke produite par les nuages ? Franchement, ça expliquerait beaucoup de comportements débiles que j’ai pu observer lorsque cette connasse (oui la neige, c’est bien tu suis mon kiki !) débarque. Entre ceux qui font des anges (moches soit dit en passant) dans la neige fraîchement tombée, ceux qui se la balancent dans la tête (je hais ce jeu de merde), ceux qui parle de son arrivée sur le Twitter ou le Facebook, ceux qui s’extasient chaque fois en la voyant comme devant un nouveau né, ceux qui font des bonhommes de neige pas très avenants, sans oublier ceux qui tirent la langue pour en choper dans la bouche (cocaïne ? ecstasy ? hostie chrétienne ? attention aux effets indésirables !), et j’en passe et des meilleurs … Vous êtes fous. Point barre.

GNIHIHI SO MUCH COCAINE !

Vous devez me prendre pour une bien triste fille. Et bien vous avez tort ! Je m’explique. Je suis née et ai vécu jusqu’à mes 19 ans sur une île tropicale là où la neige n’était que fantasme. A cette époque je l’aimais bien. Je secouais des boules de verre (esprits pervers je t’ai vu) avec de la fausse neige dedans, ma marraine avait un sapin blanc en plastique (le LOL puissant sur une île dans l’hémisphère sud), je trouvais ça formidable et fascinant de voir que les gens pouvaient être à la fois agacés et enchantés par ce phénomène immaculé … Je me demandais devant ma télé : « est-ce qu’un jour je verrai la neige ? « .

PUTAIN SI J’AVAIS SU !

Pour moi les fêtes se faisaient donc autour d’un sapin blanc en plastique et/ou d’un palmier dans un jardin ensoleillé. Ou mieux : sur la plage autour d’un barbecue. Parce que chez moi pendant les fêtes il fait (très) chaud. Il neigerait en plein été que déjà je le prendrai moins mal, croyez-moi … J’ai vu de la neige dès ma première année en Métropole. Aucun sentiment de bien-être. J’ai trouvé ça assez laid. J’étais blasée. Jusque là rien de folichon. Puis est venu ce jour terrible où cette connasse (toujours la neige oui) a bloqué mon avion. Avion qui devait partir pour la Réunion où je devais justement rire face à un sapin blanc en plastique. BON, j’ai pu me la péter devant mon sapin blanc en plastique, mais j’étais bien dégoûtée face à cet amas blanchâtre qui me faisait perdre mon temps si précieux dans un aéroport. Comme si j’en perdais déjà pas assez dans l’avion ! C’est donc derrière une vitre de l’Hôtel Hilton proche de l’aéroport d’Orly que ma haine pour la neige prit forme.

Delphine, 22 ans, n’aime pas la neige.

 Je n’ai jamais autant chialé (ouais okay j’exagère là). C’est aussi la première fois où je me suis demandée ce que je foutais en Métropole et pourquoi tant de discrimination météorologique. Dans mon petit malheur j’ai cette chance incroyable : dans le Morbihan il neige peu. Si peu que les gens ici fantasment autant qu’une personne dans les DOM-TOM de la voir un jour. Si, si, sans rire, je déconne pas.
Enfin bref. Voilà. Bien heureusement qu’il y a du bon dans cette connerie de flocons blancs et de saison glaciale. Y a tous ces petits trucs pleins de chaleur que tu fais chez toi. Comme boire un chocolat chaud, ou un thé. Boire de la soupe dans un grand bol. Regarder le feu crépiter dans une cheminée si t’en as une. Regarder la neige par la fenêtre et l’insulter comme bon te semble. Faire l’amour à ton radiateur (ou faire l’amour tout court). Jouer au papillon dans son cocon avec l’aide de ta tendre et chère couette. Acheter des bonnets, des collants et des manteaux de couleurs (le noir et le gris c’est pour les lopettes). Prendre ton chat/chien comme bouillotte dans le lit. Hiberner jusqu’à un certain point quoi.

Mais dans mon petit coeur de fille des îles, les fêtes seront toujours synonymes d’arbres rougeoyants, de ciel bleu, de sable chaud sous les pieds, et de soleil qui mord la peau dès le réveil. Alors pardonnez cette haine hivernale. Je vous embrasse. Je vous souhaite de très bonnes fêtes. COEURS DANS VOS TÊTES ET FLAMBOYANTS DANS VOS YEUX. 

Petite info inutile : J’ai vu la neige une fois à l’île de la Réunion, en octobre 2006, tout près du volcan qui était d’ailleurs en éruption. Bonjour le paradoxe ! Parait que ça arrive une fois tous les cinquante ans, alors c’était génial, c’était joli, c’était dans les journaux et tout le tintouin. Ça a duré un soir, et puis voilà. C’était beau et improbable.