I believe I can FAIL.

« Je me sens comme une bouse, je pue la loose. »

  C‘est cette phrase d’une rare élégance que je me répète avec une étonnante facilité chaque matin. Et je me dois de vous prévenir : je vous mens lorsque je parle du matin puisqu’il s’agit plutôt ici d’après-midis, de soirées ou d’intenses horaires où les gens normalement constitués dorment à points fermés. Pas une minute sans que je ne m’en prenne à moi-même. Je ne me laisse aucun répit. Pourquoi diable irai-je développer des onces d’espoir ? S’attaquer à soi-même est outrageusement dénué de difficulté. Inutile, mais si facile !

« Je ne suis pas la cinquième roue du carrosse, je suis encore dans le stock. »

  Oh, bah encore une punchline créée par mes soins ! Le monde de la pub et des slogans pourris s’ouvriront un jour à moi. Bref. Voilà le topo : je me sens comme la dernière des roues du carrosse. Cendrillon elle-même ne m’aurait pas utilisé pour son affreuse citrouille magique. Je ne me serai pas proposée de toutes façons. Je n’aime pas trop les légumes, mais ce n’est pas le propos ici. J’expliquais grossièrement que j’étais loin d’être une roue utile, pas même la cinquième roue du carrosse, du tracteur de Papi Georget, ni même de la Clio2 de ta maman. Je suis à mille lieues d’être la roue de secours ! D’ailleurs, la roue de secours se moque bien de moi. Elle voit bien que je ne suis bonne à rien pour le moment. Elle ricane et balance à qui veut bien l’entendre :

« Encore une roue de pacotille ! Elle finira par être balancée au bûcher, elle crépitera aux pieds de cette dame dont tout le monde parle dans le village : Jeanne d’Arc  Christine Boutin. Ça s’prend pour une roue de compèt’  et ça change de bagnoles tous les quatre matins. Roue de mauvaises augures ! Même ses jantes prouvent qu’elle ne tient pas la route celle-là ! Qu’on lui crève son caoutchouc ! « 

  Impuissante, ne me reste que les soupirs, c’est parti : je me dégonfle. Faut dire que j’ai jamais su me mettre en avant, je n’ai jamais bombé le torse. En même temps, vu le peu d’atout mammaire, y a pas d’quoi s’la péter vous m’direz !
Mais voilà que dans le creux de l’oreille on me console. Mon caoutchouc mérite son petit pesant d’or. Mes jantes sont propres. Mon adhésion à la route peut s’améliorer, il parait. Les chuchotements reprennent : on me dit tout doucement que je mérite mieux que de pourrir dans un stock, que j’en suis capable, que j’irai loin. Peut-être même qu’une voiture me voudra pour un long parcours ! On me le dit tendrement. On y croit pour moi. Allez ! Go !

  • Inspiration. Expiration.
  • Est-ce que je peux ? Est-ce que je dois ?
  • J’essaie. Je croise les doigts des fois.
Mon dos, mon cul, mon optimisme.

8 réflexions sur “I believe I can FAIL.

  1. Je ne comprends pas pourquoi tu t’infliges autant de pessimisme:/

    Tu es jolie comme un coeur (cette expression est nulle je sais) et je sens que tu te demandes surtout comment ne pas échouer alors qu’il te suffirait de te dire « je vais réussir »

  2. « Ça s’prend pour une roue de compèt’ et ça change de bagnoles tous les quatre matins »

    Le diagnostic est clair et sans appel , vous soufrez du syndrome de la roue tout terrain . Votre capacité d’adaptation à de multiple domaine vous permet de vous promener ou bon vous semble dans une certaine aise indéniable, vous connaissez le plaisir de l’entendue des chemins qui s’offrent à vous. De cette chance découle une incapacité à choisir clairement celui qui vous irait le mieux, à vrai dire avec de la pratique vous pourriez exceller dans n’importe lesquels à force de cheminement. Votre seule faiblesse technique et innée réside dans votre conduite hésitante au pays du choix. Et oui , hélas, un départ est pour vous un abandon de tout le reste. Ce qui reste malgré tout la seule et douloureuse solution qui vous permettra de polir suffisamment votre gomme au point de devenir une véritable roue spécialisée.

    Mais n’oubliez pas, un syndrome n’est pas forcement une tare pour autant. Pour les roues comme vous, le voyage et les découvertes permanentes des différents horizons sont possibles. La prochaine fois que vous voyez une roue de compét’, faites lui un geste obscène du majeur et criez lui  » Et pétasse chauffeuse d’asphalte ! D’ou tu est tu pourrais me mettre une sacrée branlée , mais essayes plutôt de grimper la ou tu ne pourras jamais poser les jantes pour venir me chercher! HAHA SALE PUTE !LE NOMBRE DE KILOMETRE DE POT D4ECHAPEMENT QUE TA SUC2 J4AIMERAIS PAS LES FAIRE A PIED§

  3. Tu es sublimement belle, drôlement rocambolesque, créativement inventive et tu manies les mots avec tant d’habileté. Donc n’oublies pas, tant que tu roules encore, ne crève pas Petite Roue.

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